|
Un petit commentaire : le disque est le seul moyen d'aller loin
―
au
sens premier de l'expression
―
le concert ayant un impact limité par
nature. Chaque musicien, chaque mélomane, ne peut que donner la
préséance au concert qui reste le lieu de l'authenticité, du mouvement,
de la vie, d'une vérité qui, en raison même de sa fragilité et de ses
risques, n'en a que plus de prix. Mais la sociologie du concert reste ce
qu'elle est :une pincée... Les hauts-lieux, aux quels il faut avoir
accès, donnent plus, c'est certain. Et si une diffusion radiophonique
échoie comme une gratification suprême, c'est déjà "aller loin". Mais
autrement ? Une vie n'y suffirait pas.
Alors, le disque, le CD comme on le nomme aujourd'hui (provisoirement
sans doute) vient donner un coup de pouce. Et si sa propre sociologie
demeure elle aussi d'une évidente précarité (tout le monde musical en
parle), il élargit. Il est le bienvenu. Il vous donne acte de présence.
J'en sais quelque chose puisqu'il m'a fallu dépasser la cinquantaine
(les années 80 donc) pour décoller, comme un aéroplane du début du XX°
siècle certes, mais décoller. Sinon aurais-je jamais vu mes interprètes
(Roland Hayrabedian et l'Ensemble Musicatreize) nominés aux Victoires de
la Musique 1997 pour un CD Lyrinx de ma musique vocale ?
C'est le moins de dire comment ces réalisations discographiques ont eu
lieu : je ne crains pas d'affirmer que sans la Régionalisation, seule
véritable réforme de fond depuis plus de cinquante ans, je n'aurais
personnellement rien. Mes trois monographies, je les dois à l'aide de la
Région PACA, où j'ai vécu le plus longtemps, dans des conditions de
régularité sans faille et sans tache. Une aide, comme son nom l'indique,
ce n'est pas une prise en charge, un paiement. Il y faut autre chose,
jusqu'à l'engagement personnel, jusqu'à l'amitié et à la générosité de
certains, interprètes inclus. Sinon, c'est la mort artistique.
Puisqu'il s'agit de mon site internet, qui n'oblige personne, j'y
exprime ce que je veux y exprimer : ma liberté, je la chéris tout autant
que celle des autres. Cela ne valorisera ni ne dévalorisera ma musique,
que je tente depuis soixante ans. |