Mouvement 60 (à la mémoire de
Louis Saguer)
Chaque ombre épargne ta brûlure
chaque chose grandit
dans la lenteur retrouvée
dans le martèlement si proche
qu’il traverse notre sang
la nuit ouvre ses portes
sur les terrasses désertées
un pas y résonne très clair
pour suspendre aux étoiles
ce feu d’un autre voyage
l’ombre plus lente à présent
dessine sur le vieux dallage
les rameaux de ma mémoire
que j’irai cueillir demain
quand chaque chose aura grandi
dans l’intervalle apaisé
où toutes les rumeurs du monde
ont fait glisser leur chant
un geste encore se suspend
semant dans la nuit ses flocons
neige épargnée au creux des terres
sur laquelle le premier vent
mêlera les fruits épars
que j’irai cueillir demain
quand les choses auront grandi